martedì 8 aprile 2008

la petite Piazza 2 m


Quelques jours se passent, elle m’a mise de mauvaise humeur, je ne sors pas, je regarde. Ils sont tous là. Mes acteurs et en plus les autres, les comparses. Ces figurants ne font que remplir la scène. Ils marchent de long en large, rigolent, bavardent, restent assis sur les bancs prendre le soleil. Le coiffeur, à sa porte qui attends des clients. Les jeunes qui passent en courant se tenant par la main, d’autres qui continuent à s’embrasser, toujours les mêmes de l’autre jour, c’est fou l’amour, surtout au printemps!
Je ne reste pas sur place, je cours à mon autre petit balcon, je parle à mes fleurs qui sont en fleurs, la via del Corso est bondée de gens qui vont et viennent, les voitures qui ne devraient absolument pas avoir le permis de circuler au centre, les motos, quel bruit infernal, et voila qui apparaît? Mon barbu. Tiens bonne idée je vais aller à sa rencontre et prendre ce café - glace pour moi- auquel il m’a invité l’autre jour. Quelque chose à faire au lieu de rester ici à me confondre.
Je descends en courant et je le cogne presque au coin de ma petite rue.” Ciao”, qu’il dit,un peu surpris,” ciao”, je réponds.” Je suis content de vous rencontrer, voulez-vous prendre ce café aujourd’hui?” “ Oui,” je rèponds.On y va ,mieux que rien , ce jour d’aujourd’hui avec la mauvaise humeur. Elle va sûrement disparaître, avec ma glace au chocolat .

C’est un vrai gentleman, mon barbu, il s’assied après moi, il se lève si je me lève, il me demande si je veux un café ou la glace au chocolat - il m’à sûrment vu en prendre et sait ce que j’aime- il le dit en souriant, il à quand même de belles dents encore, ou serait-ce une prothèse? Encore une petite méchanceté de ma part .Bon, il n’attends pas que je finisse ma glace pour bavarder , il commence à me dire qu’il s’appelle Pietro -pour moi ce sera toujours le barbu - qu’il est veuf, que son fils est ingénieur mais ne trouve pas de travail alors heureusement il y à la boutique d’habits, etc.Je dis quelques mots en essayant de ne pas pronnoncer une parole avec l’R, rien à faire toujours : il dit encore une fois,- et comme sujet de conversation, ras-le-bol, -“vous êtes française, n’est-ce pas ?” “Oui,” je continue avec une nationalitè que je n’ai pas eue. J’en ai eu deux ou trois , je crois, mais jamais la française. Bref, on parle de n’importe quoi, et la dame et le moustachu arrivent, chacun d’une autre direction, lui il fait un signe à son ami et moi à ma nouvelle amie, la dame. Il ne manque que mon “fiancé” pour ëtre au complet.Il va venir je ne m’en fais pas, c’est son heure.On se trouve là, tous les quatres comme de vieilles connaissances, en faisant tous semblant de ne pas apercevoir les regards malicieux qui nous transpercent. Moi je ne dis rien, je préfère les écouter et je vois que petit à petit ils parlent entr’eux comme de vrais amis.C’est donc vrai qu’avoir partagé des émotions semblables on commence à se sentir comme une famille  et je dis cela sans aucune méchanceté.C’est la vie.
Il y à une palissade sur la Piazza, - elle y est depuis quelques jours - donc quelque concert, ou discours, se prépare. Mais non, - ce que je suis distraite - cette palissade est ici depuis un bon moment.- c’est l’iman qui attire mon “fiancé” – c’est là qu’il il y va et c’est ici qu’il chante, parle ou trébuche.Le voilà qui arrive, il à l’air normal, peut-être n’a-t-il pas encore commencé sa dose d’alcool. J’ais pas ce que les autres qui sont avec moi, diront mais j’ai toute l’intention de lui faire signe pour se joindre à nous. Comme ceci nous serons au complet et je pourrais enfin diriger mon spectacle, ma pièce de théâtre. Non, me di-elle,- ça y est , elle m’a suivi,elle est terrible, elle ne me quitte jamais. Non, le spectacle tu l’as toujours eu et tu ne peux absolument pas diriger une pièce de théâtre, c’est la vie qui la dirige. Aurait-elle raison?
M’en fous, en tout cas mon”fiancé” est avec nous et paraît-il, il m’a reconnu, j’crois malgré tout qu’il n’est point si cinglé que cela.Un peu en dehors de ce monde, possible et pourquoi pas, c’est lui qui à raison, en fin de compte avec ce monde devenu, lui, oui, complètement fou! Et les autres l’acceuillent comme n’importe qui, normal, tous ici le connaissent sans même savoir son nom. Aucune importance.Un surnom, oui, Oboco!!

A un moment donné mon barbu nous dit :” pourquoi ne pas faire un tour, j’ai l’impression que vous ne connaissez que cette Piazza.Vous restez ches vous à regarder et à peindre”, “ non je lui dis, c’est pas moi qui peint, c’est mon amie” Un sourire ironique de tous…M’en fiche ils peuvent penser ce qui bon leur semble, moi j’suis contente car je les tiens tous ensemble.. Alors,” bon,” je dis “pourquoi pas, mais allons tous” . Les autres avant de laisser dire au barbu oui ou non, disent oui, oui, bonne idée. Inclus mon “fiancé” qui n’a encore qu’un petit verre de rouge dans l’estomac. Et on se lèvent , mon barbu gentleman, payent tout le compte , n’accepte aucun non de personne.
On se lèvent en nous secouant tranquillement de nos dos, les regards malveillants des autres qui restent là ébahis de voir partir notre petit groupe, presque la main dans la main. Une famille, quoi!

Il me montre tout orgeuilleux la Porta Napoletana, une vieille très vieille construction très belle, une sorte de pont qui divise une part de la petite ville, entre moderne et ancienne. Je fais semblant de ne pas la connaître pour continuer d’être un peu mystérieuse, secrète, une personne qui ne sort pour ainsi dire jamais de sa maison. Si seulement ils s’imaginaient qu’on a voulu me faire faire une expo à la Porta Napoletana!Mais chut. Silence. Continue ton rôle de française, un peu étrange et renfermée.
Il paraît que tous les gens de ce bled, en dehors aussi de la petite piazza, connaissent mes amis, parce que ce sont toujours les mêmes regards curieux, ou serait-ce moi qu’ils regardent : la main dans la main du barbu et de mon “fiancé”,? oui car celui-ci pourrait tout à coup s’envoler et je ne veux pas. Quant au barbu, pourquoi pas ?

la petite Piazza 2 l - illustration Dominique Landau

Et puis le temps passe, la petite Piazza se remplit, les personnes nous regardent- je sens qu’ils sont surpris de me voir en compagnie de la personne en question – c’est ainsi dans les petits bleds. On s’en fout, autant moi qu’elle, surtout, elle, car elle s’est déjà habituée à être regardée ainsi, d’un mauvais oeil.
Je ne fais aucune remarque mais l’encourage à continuer à bavarder comme si de rien n’était: la suite de sa vie. Pendant qu’elle parle je regarde autour de moi – elle parle un peu trop, cela commence à me fatiguer - des jeunes avec le celullaire dans les mains à envoyer de tas de messages, d’autres qui parlent pour ne rien dire, des commérages, et d’autres encore qui entrent se faire couper les cheveux, il les coupe assez mal d’ailleurs, le coiffeur du coin , encore d’autres qui arrivent avec leurs achats, ils se reposent en prenant un café, enfin la petite Piazza est pleine, le beau temps est arrivé.

J’écoute à nouveau ma petite dame, au fait elle vraiment petite, genre mignon. Malheureusement aussi petite de cerveau..elle me fait de la peine.Et bien elle arrive enfin à son histoire avec le moustachu, on va l’appeler Carlo.N’en pouvant plus de sa solitude, et de le voir lui tourner en ronds depuis un certain temps, elle accepte un rendez-vous, – of course - au bar ici – leur premier café. Commence une histoire qui à tout l’air d’aller bien jusqu’au moment ou Carlo lui présente le barbu son ami....elle en avait déjà un peu marre de Carlo. Juste un pauvre vieux pensionnaire, célibataire toujours, ne sachant pas et ne voulant rien partager vraiment, avec elle. Le barbu connaÎt tout sur la compte de la petite dame, tout ce sait ici comme je l’ai déjà dit, et le barbu n’est point aussi ingénu que Carlo., habitué aux femmes, veuf, et toujours en quête d’aventures, malgré son amitié avec Carlo., - en fin de compte tout se vaut en amour comme à la guerre – commence à lui faire la cour, discrètement. Il ne veut quand même pas faire du mal à son ami le moustachu. Il laisse faire le destin.Il patiente. Il éspère que ce soit elle à faire le premier pas. Et après quelques temps cela arrive.En cachette..Et puis un jour ils ne veulent plus se cacher et voilà, mon pauvre Carlo, ne sachant quoique ce soit, les voit qui arrive bras dessus bras dessous, et arrive ce qui est arrivé! Et que vous savez déjà.

Là, elle s’arrête et commence à pleurer, de nouveau seule. Après ce qui arriva entre le moustachu et le barbu, elle à compris que l’amitié vaut plus qu’un “ersatz” d’amour, un feint amour . Que pourrais-je bien lui dire? Rien., je l’embrasse et je lui dis à demain.

J’arrive et ouf, elle commence à m’engeuler. Mais de quoi te mêles-tu? Laisse en paix ces gens, la dame, le moustachu, le barbu, il ne manque que le ventru encore pour y être au complet! Non, je lui dis il manque mon “fiancé” , le ventru je l’ai envoyé promener.T’es complètement cinglée, ton “fiancé”, arrëte de l’appeler comme cela, tu finiras par le croire! C’est toi qu’est cinglée, je l’appelle comme cela en riant, parceque c’est ainsi que mon petit fils l’a baptisé!!! Et puis, t’as rien à faire de mieux que m’emmerder ou quoi? Maintenant que je commence à sortir et essaye de m’amuser et prendre part à ce théâtre vivant, la petite piazza? Fous moi la paix!

lunedì 7 aprile 2008

la petite Piazza 2 k


Oui, je lui dis a mon amieennemie, ( vous savez bien qui,la solitude..) j’ai pris une décision, je vais aller connaître, le moustachu, le ventru et la dame, je connais déjà le barbu. Je ne vois aucune raison pour que tu y ailles. Faire quoi, de quoi vas – tu encore te mêler. J’sais pas mais j’y vais. Alors je t’accompagne. Non,j’y vais sans toi. Tu m’emmerdes.

Voilà, je suis à une table à prendre ma glace au chocolat. J’attends impatiente, que mes “acteurs” arrivent. Pourquoi? Aucune idée, je suis sûre cependant, qu’un motif doit y avoir, si pas aujourd’hui, un jour.Je le sens.
Tiens le coiffeur se dirige vers moi et me donne un livre qui raconte l’histoire de la petite piazza.+ “Merci,” je lui dis,” mais pourquoi me faire ce cadeau?”.” Mais c’est évident,” dit-il, “ la piazza vous intérèsse, je vous vois toujours à votre balcon en train de la regarder.Et, puis nous savons tous ici, que vous êtes peintre, alors vous savez vous ferez partie des personnes importantes qui ont habités chez nous, Vittorio Gassman, Anthony Quinn, Ettore Scola, et surtout le grand Gian Maria Volontè.” “ Merci encore, mais vraiment je ne suis pas comme eux, suis une inconnue en Italie, et voudrais garder mon anonymat,” lui dis-je. Il rigole, il connaît son monde.Il sait que tout le “paese” sait qui je suis depuis le moment que je suis arrivée ici...Sourires de part à part, et ciao.Ego satisfait, rien à faire.

La première à se faire voir c’est la dame. Elle me regarde , souris et vient s’asseoir près de moi. C’est vrai que les femmes sont plus audacieuses que les hommes. Je l’ai toujours pensé.
Elle me dit son nom sans me demander si elle pouvait s’asseoir avec moi. Je murmure mon nom, pas le vrai, of course, aucune envie de vraiment me faire connaître,.malgré ce que vient de me dire le coiffeur. La conversation commence par: “c’est vous qui êtes le peintre qui habite là dans cette maison en face, n’est-ce pas? On voit vos tableaux d’ici.” “ Non,” je lui réponds “c’est pas moi, c’est une amie qui habite avec moi.” “ Pas possible” , qu’elle dit,” on ne voit personne d’autres là sur le balcon, jamais, vous êtes seule, comme moi.”
J’sais plus quoi lui dire. Cependant je commence à me sentir solidaire , seule elle, seule moi...mais je ne le lui dirais pas. Un peu de mystère, j’aime cela.
Elle continue:” vous êtes française, n’est-ce pas? Cela se comprends à votre accent” Encoooore, je me dis, “ oui,” que j’lui réponds. C’est à moi maintenant de lui demander quelque chose, mais v’là que j’en ai pas besoin car elle commence à se raconter:” suis arrivée ici de la Sicile très jeune avec mon mari beaucoup plus âgé que moi, peu de temps après, il est parti je n’ai jamais réussi à savoir pourquoi. Personne ne l’à trouvé.Jamais. Vous savez dans mon pays ils se passent des choses de ce genre, ce n’est pas le premier qui s’envole comme cela et qu’on ne retrouve pas, ou on dit de ne pas le trouver.J’ai laissé tomber. Cependant, j’étais désésperée, sans une profession, sans rien. Juste un peu d’argent pour survivre quelque temps. Mes parents, bien entendu, Siciliens on toujours pensé que c’était de ma faute et comme ceci ils ne m’ont jamais ni pardonnés et encore moins,aidés. J’ai fait de tout, la femme de ménage, la baby-sitter, j’ai appris à coudre, toute seule,et je me sentais tellement seule…et me sens encore comme cela…les années passaient, oh oui j’ai eu quelques amours par ci par là, mais rien de sérieux . Je croyais m’être bien cachée et je comprends maintenant, que ces les hommes qui ont la langue trop longue…Tout ceci à provoqué les regards de travers des gens d’ici, je ne trouvais plus de travail, ils chuchotaient avec de mauvais sourires quand je passais.. Surtout les femmes , et puis petit à petit , les hommes ont recommencé à me regarder avec insistance, j’ avais cette impression, mais je ne me rendais point compte de ce qu’ils pouvaient bien penser. En attendant les années sont passées et passent.” “Oui” ,que je lui dis, pour l’encourager à continuer, parce qu’elle s’était interrompue. “Oui, je sais, la solitude, à un certain âge est difficile a supporter”

+ image prise du livre donnée par le coiffeur.

la petite Piazza 2 j


Il y à plein de monde cet après-midi, plusieurs jeunes qui s’embrassent avec encore du chocolat de leurs glaces à la bouche, au beau milieu de tous les petits vieux, qui les regardent avec envie. Se rappellent-ils donc encore de leurs amours, eh oui, cela ne s’oublie jamais. Comme disait Prévert, “les jeunes qui s’aiment ne sont là pour personne …” quelque chose dans ce genre. J’ai bonne mémoire mais pas pour les poèmes. Puis je vois arriver des motards, pas les miens , d’autres , un bruit à tout casser, surtout mes oreilles. Une assemblée d’une vingtaine de motards, casquettes noires, blousons noirs à la James Dean, et laissent leurs moteurs en marche. Mon petit monde sur la place s’en va presqu’en courant. Ils ont raison. Il ne me reste qu’à m’enfermer et voir à travers les vitres .Suis curieuse, je supporte un peu de bruit., tiens, tout d’un coup ils repartent, mais qu’est-ce c’était cette assemblée si courte? Ils sont fous, ou quoi? Eh, bien non, Laura m’ explique que cette réunion c’est les gens qui ont encore des Harley Davidson !!!un éspèce d’hommage. Quelle manie,enfin.

Ah, bon je vois arriver mon “fiancé” , le fou du village. Malgrè qu’à présent la petite piazza est innanimée. Il me semble, donc, qu’il y aura quelque chose à entendre d’amusant.Il va sûrement chanter et horriblement faux.Je ne vois pas de microphone. Tant mieux. Je me suis trompée, il n’ouvre pas la bouche, il danse, enfin, il croit danser mais c’est qu’il est absolument saoul!!! Ca y est. Il trébuche, il continue de soi-disant, danser, trébuche, peut plus se lever.Mais que fais-tu? T’es folle? Non, mais il me fait pitié, je vais aller l’aider. Non, pas du tout , tu ne sortiras pas d’ici. C’est déjà tard, il fait tout noir. Elle a raison , surtout que tout est fermé, j’pourrais peut-être demander au coiffeur du coin, par exemple ,je crois le seul encore à rester ouvert un peu plus, ,de m’aider à le mettre debout, et puis, possible, qu’il s’en fiche, ils doivent tous être habitués ici à le voir dans cet état. Il y a, dit-on, un dieu pour les ivrognes, mais alors vraiment, l’ est complètement saoul!

Je jette un coup d’oeil sur la Piazza ,en vitesse, pour voir si mon “fiancé” est encore en vie. Il n’y est pas. Alors il est encore en vie, quelque bonne âme l’a probablement emmené chez lui hier sor.

domenica 6 aprile 2008

la petite Piazza 2 i



Voyons un peu que devient mon petit monde sur la petite piazza. Alors j'y vais au lieu de juste regarder de mon balcon..Eh, bien ils sont là tous les trois, le ventru en plus. Il me semble que c’est un autre ami des deux premiers. Et en plus la dame , celle de la bagarre entre le moustachu et le barbu. Ils font mine de ne pas la voir, elle non plus, d’ailleurs Mais que vois-je? Le ventru qui se dirige vers elle, clopin-clopant, ah, non, pas possible, et bien, non les deux autres le tirent en arrière. Discussions. Gestes.
Je décide d’y aller moi aussi..je verrais mon barbu de plus près! J’arrive je les salue comme si je les connaissais, d’ailleurs je les ais tellemnt vu qu’il m’est impossible de penser le contraire… Abasourdis, les quatres, car je la salue aussi puisqu’elle fait part du théâtre auquel j’assiste depuis quelque temps, ils me répondent à peine.Pourquoi donc?puisqu’aujourd’hui je suis moins échevelée, coiffée un peu mieux - de temps en temps une petite concession ne fait point de mal - les habits sont ceux de tout le monde, pas de longue jupe, pas de jeans. Surpris et pourquoi, je me le demande, bon, on s’en fiche. Un petit sourire en plus mais à peine , au barbu, un regard pour voir le sien de regard. Oui, les yeux vertsbleus de Pablo mais délavés.Dommage. Tant mieux, je prendrais ma glace au chocolat, calme et sans frissons et demain, je me dis, je passe à son magazin!

Alors, demain, c’est aujourd’hui! J’y vais? Oui, non, oui!!!! J’arrive, merde , ce n’est pas le fils, mais le père. Bonjour, bonjour, qu’y à-t-il de bon ce jour? Ça fait rien , bavarder avec le père ou le fils revient au même, aucune importance. Premières paroles , of course,” vous n’êtes pas d’ici, madame, n’est-ce pas ?” Ah, je vois - mon accent toujours, dans n’importe quelle langue – “vous êtes française.” Je dis oui, pas envie de raconter l’histoire de ma vie. Et, blablabla, j’achète une chemise d’homme, y avait pas de jeans. Il me dit que dans quelques jours, et me demande d’un ton timide,” voulez-vous prendre un cafè avec moi?” Je lui réponds stupidement, que je préfère une glace. Qui est timide lui ou moi...j’aurais du dire non. Plus simple. Veux pas compliquer ma vie.. Si c’était le fils…. Et puis zut et encore zut, suis quand même pas “infanticide” . Horreur! Ma mauvaise humeur est revenue. Bon, que je lui dis, “ ciao, on prendra le café et la glace un autre jour”.

M’en vais avec ma chemise d’homme, il doit croire que je suis lesbienne. Il ne sait pas que j’ai toujours mis des chemises d’homme. Et puis quoi encore , tu t’en fous ou non? Mais que veux-tu, me dit-elle?. J’sais pas.J’veux rien. Je veux juste voir , suivre les événements de la pièce de théâtre commencée sur la Piazza. Je ne pouvais pas m’imaginer à ce moment là, que j’aurais eu , moi aussi, un rôle dans cette pièce.

Du temps va se passer avant que j’y prenne part. Sans le vouloir.

Suis au balcon, les 4 , 5 vieux monsieurs, ils y sont tous les jours là a la piazza, a récréer, probablement, l’histoire , les aventures d’antan, leurs luttes au temps de la guerre, la reconstruction de cette petite piazza qui leur tient tellement au coeur, comme tous ici d’ailleurs, de droite ou de gauche, pas important, l’important ce sont les lions a leur place, la fontaine qui coule toujours, les maisons remise à neuf, queleques ruines impossible à reconstruire, cause argent ou autre j’sais pas, et leurs éternels expresso, qu’ils boivent d’un coup pour reprendre un autre et encore un autre jusqu’au coucher du soleil. Cela quand il n’y a pas de fêtes ou processions, là ils y prennent part.Et se sentent jeunes.

Puis je vois aussi la pauvre très très vieille dame sur sa chaise à roulettes, elle profite du soleil, mais quand j’y pense, elle est beaucoup plus courageuse que moi, elle est toujours ici même en hiver. La pluie, le vent alors , non. Elle n’est pas seulement paralytique je crois, pauvre, elle doit avoir autre choes car elle ne bouge pas du tout. Elle reste immobile, comme les lions, pendant que son infirmière bavarde comme un perroquet avec d’autres, assises sur les bancs en pierre, autour de la petite Piazza.

la petite Piazza 2 h


Aujourd’hui, rien de spécial, mais j’entrevois de chez moi deux petites ruelles, qui sortent juste derrière la petite place. Une à gauche et une à droite, comme tout ici, bien entendu! Je les ais souvent parcourus. Sympa, des fleurs aux petits balcons, quelques niches dans les murs avec l’image de la Vierge ou de quelques autres saints avec des fleurs toujours fraîches dans des verres, ces petites rues donnent sur d’autres et ainsi de suite. On y trouve dans un petit coin une charmante ancienne et petite église toujours fermée. Qui sait pourquoi. Serait-elle trop petite pour tous les gens qui prient?- on peut aussi prier chez soi,- me dis-je. Enfin, j’sais pas et au fond ne m’intéresse point. Et si je continue j’arrive sur une sorte de rue plus large qui fait le tour de la petite ville. Et je peux ainsi tourner tout en rond et revenir chez moi par une autre rue. Simple, non?

Avant d’ouvrir ma porte et m’enfermer pour le soir, je regarde mes deux petits balcons, ce sont quand mêmes les plus gais de toute la piazza, avec leurs couleurs qui reprennent vie après un hiver si long.Comme moi qui à force de regarder au dehors, sors, en m’habillant avec pleins de couleurs.

Sors, sors pas? Un beau soleil mais assez froid. J’entrevois à travers les fenêtres –voyeuse, va - pas encore ouvert les portes des balcons – paresse aujourd’hui, mauvaise humeur, ou quoi? Enfin, j’peux pas malgré tout passer ma journée enfermée. Bon, j’ouvre pour mieux voir. Pas très agéable,comme premier coup d’oeil du jour, il y les “vigili “ qui discutent avec un monsieur qui a “osé” stationner sur la piazza! Ici ils sont terribles les “vigili”, ils ne te permettent même pas une seconde pour aller acheter des cigarettes, ou n’importe quoi, tout de suite un sifflet, paroles de part à part et puis cela dépend si tu connais ou pas le “vigile” du jour, une amende ou un pardon. C’est comme un crime lèse-majesté de stationner un moment, en bas chez moi, par exemple, quand on m’apportent mes toiles, ou un ami qui vient me voir. Ah, mais au contraire ils ne disent rien à tous ces gosses motards- de riches probablement - qui ont chosi mon petit coin de rue collés
à ma porte, pour leur stupide réunion de tous les soirs. Le bruit de plusieurs motos, terrible, puis pour s’amuser, les cons, ils sonnent à ma porte, plusieurs fois, jusqu’au jour que je suis descendue ----- vraiment comme une vieille folle et je les ai insulté – j’ai un énorme vocabulaire en toutes les langues …, et voilà, ils viennent toujours mais ne sonnent plus. Zut, faut que jeunesse se passe, d’accord, mais pourquoi en dessous de chez moi!!!!’??? Tous les matins, papiers, malgré qu’ils ne savent écrire que des bêtises, bouteilles de bière vide, une poubelle, quoi! Et le comble c’est qu’il y à vraiment une vraie poubelle à deux pas d’ici!!! Puis une fois avec mon petit fils, on a trouvé une swatiska peinte sur le mur près de moi melangée avec : viva il Duce,H itler et comble des comble le Che!!! Ignorants, imbeciles! Furieux, nous deux, on est allés acheter de la peinture couleur du mur, et tout à été effacé en vitesse. Mais cela nous est resté comme une très vilaine image Bon, rien à faire contre la méchanceté - je crois même pas- c’est surtout une horrible ignorance.Oublions.
Et grâce à ce souvenir je me fâche. En fin de compte, c’est une réaction “vivante”. Cela vaut mieux que d’avoir le cafard.

Pendant que je suis fâchée, j’en profite pour me fâcher encore un peu plus. J’dois aller à la police pour faire mettre sur mon permis de séjour, le numéro de mon passport renouvelé pour encore 5 ans ( : )Y arriverais-je à 2011?
Enfin, police, pas eu de problème. En face c’est la station des gendarmes( carabinieri ) , il me semble que ce sont ceux-ci les préférés des italiens, en tant “qu’armes “ . Pourquoi? J’sais pas, je vais devoir demander. Mais j’ai l’impression que c’est dû à la télévison! Hahahaha, Oui, la TV: à un tas de programmes sur et avec les “carabinieri”, il les montrent très gentils, humains, sensibles, bref tout le contraire des policiers. En réalitè, il paraît qu’il y a eu et continue, une éspèce de compétition entre les deux. Quant à moi, j’aime aucun uniforme .Cependant se faire ses idées à travers la télè, j’ trouve cela assez stupide, mais cette boîte idiote à ce don!!! Je me demande vraiment dans quel pays, la sus-dite boîte n’est pas pleine de mensonges et de programmes qui vous font du “brainwash”.

la petite Piazza 2 g - photo Dominique Landau


Le beau temps est arrivé .Le bar en face – celui qui est de gauche – commence à installer les tables les chaises les parasols. Les barbus, les moustachus, les ventrus, les dames, et tout le beau monde du “paese” ne resteront plus debout à attendre. Attendre quoi? Comme moi quelque chose d’imprévu, cela arrive toujours tôt ou tard. Beau, moche, heureux, triste, en tout cas la vie ne reste point sur place. Alors, attendons tous en rond Oui, j’ai décidé de me mettre à une table aussi, et manger un de ces si bons “gelati” italiens. Chocolat, bien entendu
Mais qu’est-ce qui se passe? Boh, on me regarde de la tëte aux pieds, mais tellement tellement que je commence à me sentir comme un animal au Zoo, alors je finis en vitesse ma glace, et m’enfuis sur mon balcon. Et je pense et pense, pourquoi ces regards? Comme en Chine que les gens regardaient d’une façon très insistante mes pieds nus dans mes sandales. Ah, je comprends, je suis en shorts!!! Une femme de mon âge avec cheveux blancs, en shorts, aux pieds nus!!!! Cela ils ne l’avalent point ni ici ni en Chine. Quand on est vieux il y à des choses qu’on ne fait plus! Jambes et pieds nus, quel scandale ; s’ils savaient ce que je m’en fous
Eh bien pour leur faire plaisir la prochaine fois que je m’assierai à la table sur la petite Piazza pour savourer ma glace, je mettrais un caftan, long, long presque un Burka.

Je l’ai fait. Mais alors que veulent-ils? les mêmes regards assassins, sur moi. Ce qu’il y à , me dis Laura, mon amie, c’est que t’es trop spéciale trop différente , pour ici. Ah. Bon et alors, jupes longues , jeans, que dois-je faire, je lui demande. Rien dit- elle, continue comme t’ es. Tu ne les changeras jamais , ils sont trop “square” , et toi, ne pense pas que c’est toi qui est bizarre, pense un peu que, et c’est vrai, tu sais je l’ai entendu, par ci par là, tu les fascine! Alors, mon ego est content, fasciner les gens ici, c’est énorme